9:37 - February 06, 2019
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Par son expérience plébiscitée et reconnue partout dans le monde, «l’Algérie s’érige en rempart contre toute forme d’extrémisme, d’intégrisme ou de profusion des discours de la haine, et, de ce fait, nous sommes disposés à partager notre expérience avec les autres», a déclaré, hier, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs.
Invité hier,  au forum  du quotidien Echaâb,  Mohamed Aïssa  est revenu sur plusieurs questions d’actualité relevant de son secteur. Une rencontre qui s’est déroulée en présence des imams ayant bénéficié de la première session de formation sur  la «déradicalisation et la prévention contre les discours intégristes» et de nombreux cadres du secteur.  Dans ce contexte, le ministre s’est félicité  des «échos favorables» qui ont concerné «le travail scientifique et pédagogique axé sur l’interaction et le débat académique qui a caractérisé cette session de formation».
 
A cet effet, le ministre a annoncé qu’ «une session de formation au bénéfice des imams chinois sera lancée prochainement» et cela, «afin d’aider les imams de ce pays à faire obstacle aux sensibilités sectaires ou aux tensions à caractère confessionnel», ceci d’autant que ceux-ci vivent dans un pays où les musulmans sont considérés comme «une minorité», a-t-il dit.
 
M. Aïssa, qui a tenu à rappeler l’attachement profond des Algériens à  un islam modéré et leur souci constant de s’écarter de l’extrémisme religieux et de la radicalisation, a précisé que «le problème fondamental réside dans les pratiques religieuses,  et non pas dans les textes sacrés», et c’est par là que l’approche privilégiée est «d’armer intellectuellement» les imams afin «d’ébranler les fondements idéologiques de la propagande terroriste et les discours et idées déviants, étrangers à notre société».
 
 Le ministre a expliqué que la démarche de dialogue, favorisée grâce à la Charte pour la paix et la réconciliation, a révélé «la fragilité de la construction intellectuelle» des fondamentalistes faisant l’apologie du terrorisme, «s’autorisant à des exégèses et fatwas complètement sorties de leur contexte».
 
M. Aïssa a également mis en exergue le fait que les cerveaux malades «ont instrumentalisé la religion à des fins purement politiques». Face à ceux-là,  la démarche consistant à combattre les sources de l’intégrisme, mise en œuvre par les imams qui ont joué un rôle incontournable dans la diffusion des préceptes d’un islam modéré, parallèlement à la préservation du référent religieux national, «a porté ses fruits», a ajouté le ministre.
 
Le Conseil ministériel de ce mois de février aura à définir le cadre général pour la gestion de la Grande mosquée d’Alger 
 
Néanmoins, comme le précisera le ministre, « aujourd’hui, dans un contexte marqué par une mondialisation effrénée, le risque d’aliéner les Algériens de leur religion par la diffusion des idées subversives et destructrices s’avère plus dangereux» a-t-il mis en garde. «En partageant le même référent religieux avec les pays du  Sahel, l’Algérie a aujourd’hui une responsabilité morale, dans la «préservation de la spécificité régionale», a  encore dit Mohamed Aïssa, précisant que ceci s’inscrit dans la défense d’une identité religieuse s’inspirant de notre héritage culturel et riche patrimoine civilisationnel et théologique, face aux courants et idées transfrontalières menaçant la stabilité des sociétés.
 
Le ministre a attiré l’attention de l’assistance sur «la persistance, aujourd’hui, dans les pays du Sahel,  des mêmes conditions ayant conduit à la décennie noire dont a souffert notre pays auparavant», l’enjeu donc, poursuit-il, est «de mettre à l’abri nos voisins des courants obscurantistes». La stabilité de la région du Sahel est aussi liée à la «préservation du référent religieux», a également estimé Mohamed Aïssa, qui a indiqué qu’il est question également de la nécessité d’ «immuniser les populations contre  l’intrusion des idéologies extrémistes».
 
Le ministre est revenu, au cours de cette intervention, au sujet de « l’usage de la politique dans les mosquées», pour expliquer que le fonctionnement des mosquées est régi par la loi «qui empêche toute instrumentalisation des “minbars” à des fins de propagande électorale. C’est ce qui assure la neutralité des imams et le respect des lois de la République». Sur le rôle que joue la mosquée dans la lutte contre l’émigration clandestine et les fléaux sociaux, M. Aïssa a expliqué que «le discours des mosquées n’est pas lié à des conjonctures temporelles, mais à un rôle social de promotion de la culture de la citoyenneté, et de l’espoir face à la rhétorique de la frustration que l’on veut introduire».
 
M. Aïssa a évoqué, dans un autre contexte, la tenue de la première séance de dialogue avec les représentants de la Coordination nationale des imams et des fonctionnaires des affaires religieuses, en affirmant que «cela c’est déroulé dans un cadre fraternel » et que son département «privilégie le dialogue et la concertation, pour trouver des solutions aux revendications des imams», tout en les appelant «à faire prévaloir le discours des valeurs et de l’éducation sur celui de la revendication subjective».
 
S’agissant de l’inauguration de la Grande mosquée, M. Aïssa a affirmé qu’une « commission multisectorielle sera mise en place afin de veiller à ce que toutes les conditions soient réunies pour gérer ce grand monument de religion et de culture», en ajoutant que «le Conseil ministériel qui se tiendra au cours de ce mois de février aura à définir le cadre général pour la gestion de ce haut lieu de culte».
elmoudjahid
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