9:40 - December 14, 2019
Code de l'info: 3471379
Il suffit de traverser la Manche pour réaliser qu’il y un océan de différences entre la perception de la dignité qu’ont les politiciens français et britanniques…
Si les premiers se drapent ostensiblement dedans pour ne jamais démissionner, aussi retentissants soient la polémique ou le scandale qui les éclaboussent (à l’instar du désormais tristement célèbre Julien Odoul, pour ne citer que ce cas très récent), les deuxièmes rendent aussitôt leur tablier sous l’opprobre.
 
Quelques jours avant les élections générales du 12 décembre, à Barnet, une ville de la banlieue résidentielle au nord de Londres, Fiona Bulmer (à droite sur la photo ci-dessus), la présidente du Parti conservateur à l’échelle locale, n’aurait même pas eu l’idée de s’accrocher à son fauteuil ou à ses prérogatives…
 
Alors que la campagne battait son plein, celle-ci s’est totalement discréditée en abordant de manière méprisante Sidrah Mohammed, une mère de famille coiffée d’un hijab rose, qui faisait tranquillement ses courses, accompagnée de ses deux jeunes enfants.
 
A la consternation de Theresa Villiers, la candidate à la députation de son parti, mais aussi des militants de base qui tractaient sans relâche à ses côtés, Fiona Bulmer a manqué cruellement de dignité en lançant à cette administrée musulmane atterrée : « votre hijab est offensif et offensant pour les femmes ».
 
En l’occurrence, c’est elle, la présidente du Parti conservateur à Barnet, qui s’est montrée très offensive et a offensé gravement Sidrah Mohammed, en révélant une islamophobie viscérale qui l’a rendue indigne de sa fonction.
 
« Quand j’ai essayé de la filmer, elle est partie précipitamment, refusant d’échanger avec moi. Elle m’a laissé avec une jeune militante de 20 ans. La jeune fille était vraiment contrariée par ses propos blessants, elle avait honte et les larmes aux yeux, je l’ai serrée dans mes bras », a relaté Sidrah Mohammed sur Facebook. « Je ne milite pour aucun parti politique, je suis juste une citoyenne et maman britannique qui désire s’impliquer activement et positivement dans la société. Mais apparemment, mon petit foulard rose est offensif et offensant », a-t-elle fait observer avec amertume.
 
Sa mésaventure, très lue et partagée, a mis en émoi les réseaux sociaux de l’autre côté de la Manche. A l’approche d’un scrutin d’ampleur nationale, la fédération locale du Parti conservateur s’est immédiatement désolidarisée de sa présidente tombée en disgrâce.
 
« Nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses et celles de notre candidate, Theresa Villiers, pour le déplorable incident dont vous avez été la cible. Le Parti conservateur, que ce soit au niveau local ou national, condamne les préjugés et la discrimination et promouvra toujours les valeurs d’égalité et de respect mutuel entre les personnes de confessions et d’ethnies différentes. C’est pourquoi nous avons demandé à Fiona Bulmer de quitter sur-le-champ la présidence de notre parti à l’échelle locale », pouvait-on lire dans le message adressé à Sidrah Mohammed et diffusé sur le site officiel des Conservateurs.
 
A la différence d’un Julien Odoul, l’élu régional qui, bien que frappé d’indignité, reste vissé sur son siège au conseil de Bourgogne Franche-Comté, Fiona Bulmer a immédiatement donné sa démission, sans perdre le peu de dignité qui lui restait…
oumma
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