8:30 - February 26, 2020
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Téhéran(IQNA)-Dans l’église Santa María la Blanca (Madrid), la découverte d’un plafond en bois a donné lieu à un long travail de restauration. Avec lui ont été exhumés des motifs saisissants de style mudéjar, qui a distingué les constructions à Al-Andalus. Constituant un prolongement de l’art des mozarabes, cette structure boisée fait partie d’œuvres méconnues, qui ont récemment eu une nouvelle vie.
Par sa toiture boisée aux étoiles à huit branches, elle aurait pu s’apparenter plus à une mosquée au style mudéjar, qui a marqué les constructions de différentes régions d’Al-Andalus. Ses techniques architecturales qui mêlent plusieurs influences font qu’elle incarne désormais l’altérité religieuse de Madrid. C’est l’église Santa María la Blanca, dont la construction s’est fortement imprégnée d’un style qui constitue le prolongement de l’art mozarabe.
 
Grâce à la récente exhumation et restauration en son sein de cette structure en bois ornée, elle conserve en effet des touches de l’architecture arabo-musulmane, qui ne se sont pas éteintes avec la Reconquista (722 – 1492). Dissimulé sous le stuc durant des centaines d’années, ce plafond à caissons en bois a en effet pu être remis à découvert, après un chantier de restauration qui met en valeur ses motifs rappelant l’architecture des mosquées nord-africaines et andalouses.
 
Réalisée au milieu du XVIe siècle au-dessus du chevet du sanctuaire, la structure a été trouvée par hasard une première fois, au début des années 2000. Mais par manque de moyens, sa restauration et sa mise à jour ont commencé tout juste en 2019.
 
Une nouvelle vie après une première découverte
 
Cette toiture embellie désormais d’une lumière qui permet de contempler toute sa beauté aurait été recouverte lors d’une épidémie de la peste, selon la plateforme Connaissance des arts. A l'époque, les églises ont justement accueilli de nombreux malades. En couvrant les murs intérieurs et les plafonds des bâtiments de chaux et de plâtre, les habitants ont longtemps pensé que cela empêcherait l’infection de se répandre. C’est ainsi que durant des siècles, l’œuvre d’art boisée serait restée à l’abri des regards, ce qui a permis par ailleurs de la maintenir dans un bon état de conservation.
 
Malgré cela, plusieurs mois de travaux ont été nécessaires pour redonner à cette toiture son éclat d'antan. La commune de Madrid explique que le dégagement s’est fait par étapes, lors desquelles il a fallu procéder à la réfection de certaines parties, gagnées par l’humidité et qui auraient pu menacer la charpente. S’ensuit alors un méticuleux travail d’assemblage des branches étoilées, du bois en écailles et des polygones qui s’alternent avec cette décoration. Pour sublimer cette œuvre, de nouveaux plans identiques à l’original ont été dessinés, facilitante ainsi cette restauration qui aura coûté 375 000 euros au total.
 
Aujourd’hui, «le couvrement en bois du chevet de l’église Sainte Maria La Blanca constitue l’exemple le plus remarquable de menuiserie de style hispano-mauresque de Madrid, ce, tant du point de vue des techniques qu’il met en œuvre que de sa valeur artistique intrinsèque», décrit Connaissance des arts en évoquant «un précieux témoin de l’architecture religieuse rurale espagnole des XVe et XVIe siècle».
 
Sur son site, la commune de Madrid rappelle que cette église est classée Bien d’intérêt culturel depuis novembre 2019. Plus loin à l’intérieur du lieu, une seconde partie boisée serait encore dissimulée sous un plafond en stuc, promettant de dévoiler de nouveaux secrets de l’histoire andalouse de l’Espagne.
 
L’année dernière, chercheurs, archéologues, architectes et historiens s’y sont attelés dans différentes régions, notamment à Malaga ou encore à Murcie, sur la colline d’Alarcos qui abrite des vestiges et des tombes remontant au passage des Almohades (1121 – 1269).
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