10:36 - March 10, 2020
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Téhéran(IQNA)-« Les liens politiques et économiques de l'Inde avec de nombreux pays dont l'Arabie saoudite qui pourrait amener l'Organisation de coopération islamique (OCI) à prendre des mesures au sujet de la situation des musulmans en Inde, sont à l'origine de l'absence de réponse au niveau international», a déclaré Mohsen Rouhisefat.

« Il en est de même pour les pays occidentaux et les États-Unis dont les relations économiques avec l'Inde les empêchent de protester contre le gouvernement indien. La situation est différente de celle du Myanmar », a-t-il souligné.


Les récentes violences à Delhi contre les musulmans, n'ont pas encore été l’objet de réactions ni de protestations internationales contre le gouvernement indien. Les origines de ces affrontements remontent à l'adoption de l'amendement sur la citoyenneté indienne au parlement, le 11 décembre 2019, qui a modifié la loi sur la citoyenneté indienne et permet aux minorités religieuses hindoues, sikhs, bouddhistes, jaïns, zoroastriennes et chrétiennes de trois pays voisins, le Pakistan, l'Afghanistan et le Bangladesh, d’obtenir la citoyenneté indienne contrairement aux musulmans.

روابط گسترده هند، مانع واکنش جهانی به خشونت‌ علیه مسلمانان
Les affrontements qui étaient les plus violents du genre, ont attiré des critiques au gouvernement du Premier ministre Narendra Modi qui ignore les principes de la Constitution indienne sur l'égalité des citoyens sans critère de religion, et réprime les musulmans indiens qui sont dans ce pays depuis de nombreuses années, et ont joué un rôle important dans la culture et la civilisation indiennes.


Mohsen Rouhisefat, ancien spécialiste des questions asiatiques au ministère des affaires étrangères de la République islamique d’Iran et spécialiste de l’Inde, dans un entretien avec l’Agence iranienne de presse coranique (Iqna) sur les attaques sanglantes des hindous extrémistes contre les musulmans de Delhi et l'incendie d’au moins 9 mosquées dans la région, a déclaré : « En Inde, nous avons assisté au règne du Parti du Congrès indien et du Parti révolutionnaire indien depuis l’indépendance, fondé sur la laïcité et la non-ingérence de la religion dans la politique et la gestion du pays. Cependant l'émergence du BJP, parti nationaliste hindou, a changé une grande partie des idées défendues par le clan d’Indira Gandhi pendant la période de gouvernement du Parti du Congrès, et a attisé les sentiments hindous et l’extrémisme religieux. Ce parti cherche actuellement à consolider sa souveraineté et à gagner les élections grâce aux voix des extrémistes hindous. Les relations de l'Inde avec les autres pays, ont empêché une réponse mondiale à la violence contre les musulmans. Cette politique a été utilisée à la fois lors des élections du second mandat de Modi et par la suite, dans la question de l'abolition de l'autonomie du Cachemire, la question de la mosquée Babri attribuée aux hindous après 30 ans, et la question de la citoyenneté qui a conduit à des manifestations à New Delhi et ailleurs. Les élites intellectuelles indiennes sont opposées à ces projets et pensent que la politique du pays est en train de dévier. Les journalistes, les intellectuels et les universitaires sont pessimistes et considèrent que la situation actuelle est préjudiciable pour l'avenir de l'Inde. L'opinion publique peut grandement contribuer à la poursuite de cette politique ou à un retour à la situation précédente. Cette politique est en contradiction avec les intérêts nationaux et la Constitution. La nouvelle loi prive explicitement de la nationalité, les musulmans qui ont immigré en Inde il y a de nombreuses années. Le parti au pouvoir essaie de cacher la baisse de croissance et les problèmes économiques, en mettant en évidence les questions sociales ».

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