9:15 - September 19, 2020
Code de l'info: 3474172
Téhéran(IQNA)-Les femmes musulmanes sont de loin les premières victimes de l'islamophobie dans notre pays, avec 90,6% de victimes féminines contre 9,4% d'hommes en 2019, rapporte le Collectif contre l'islamophobie en Belgique (CCIB), qui présentait vendredi son bilan chiffré de l'année à l'occasion du lancement de la semaine bruxelloise d'actions contre la haine et l'islamophobie (Sbahi).
Le CCIB a reçu 108 requêtes pour des faits d'islamophobie en 2019, dont 96 ont abouti à l'ouverture d'un dossier. Quatre-vingts de ceux-ci ont permis de confirmer que les faits incriminés relevaient bien de l'islamophobie. Pour les 64 dossiers dont au moins une victime est connue, il apparaît que dans neuf cas sur 10, celle-ci s'avère être une femme.
 
Mais le travail du CCIB ne représente qu'une fraction de la réalité de l'islamophobie en Begique: le centre interfédéral pour l'égalité des chances (Unia) a, lui, traité 290 dossiers de discrimination sur base des convictions et liés à des citoyens musulmans (278 en 2018), soit près de 95% du total des dossiers dans cette matière. Cette proportion est "constante depuis plusieurs années", selon le CCIB.
 
Les faits d'islamophobie sont principalement cartographiés à Bruxelles, avec 36 cas. Viennent ensuite le monde virtuel, à savoir internet et les réseaux sociaux (18), la Wallonie (17) et la Flandre (3).
 
Les faits mis en évidence contreviennent à la loi dans près de neuf cas sur 10. Plus de la moitié de ces derniers (51,3%) relèvent de la discrimination, 16,3% de l'incitation à la haine, 15% sont des délits de haine et enfin 5% s'apparentent à du harcèlement, subi principalement sur le lieu de travail des victimes.
 
Pour lutter contre l'islamophobie, le CCIB insiste sur un renforcement des espaces d'écoute et de parole pour les victimes; la reconnaissance des femmes musulmanes comme groupe cible principal; la formation des responsables de lieux communautaires et l'application en bonne et due forme de la circulaire COL 13/2013, qui permet - depuis plusieurs années sur papier - l'enregistrement des actes islamophobes en tant que tels au sein des commissariats.
 
Aussi, le CCIB souhaite sensibiliser les médias et les responsables politiques en tant que "faiseurs d'opinion". A cette fin, le centre organise à partir de vendredi soir une série de conférences et débats avec des journalistes, des chercheurs, des institutions et, 2020 oblige, des influenceurs, dans le cadre de sa semaine d'actions intitulée Sbahi. L'objectif est de permettre une réflexion pour une "construction du récit journalistique avec toutes les clés nécessaires pour décortiquer" les sujets liés à l'islam dans les médias.
 
Ces réunions - qui se tiendront en collaboration avec des acteurs associatifs, académiques et institutionnels, le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (Mrax), l'Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) et un panel de journalistes bruxellois de médias dits "traditionnels" et "alternatifs" - seront diffusés en direct sur la page Facebook du CCIB, où le programme complet des actions est à consulter.
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