11:34 - September 28, 2020
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Téhéran(IQNA)-Les délégations yéménites représentant Sanaa et Ryad sont parvenus à un accord sur l’échange de 1.081 prisonniers, salué dimanche par l’envoyé spécial de l’ONU comme le « plus important » depuis le début la guerre saoudienne contre le Yémen en mars 2015.

L’émissaire onusien Martin Griffiths a indiqué que les deux camps avaient également accepté de se retrouver « pour négocier de nouvelles libérations », lors de l’annonce de cet accord au bout d’une semaine de discussions en Suisse.

Les chefs de délégation n’ont pas fait de déclaration, mais ils se sont serrés la main et embrassés, sous les regards de M. Griffiths et du directeur régional du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour le Proche et le Moyen-Orient, Fabrizio Carboni.

Dans le cadre d’un accord conclu en Suède en 2018, le gouvernement démissionnaire, appuyé par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, et la délégation nationale de Sanaa, représentant l’armée et les forces d’Ansarullah, avaient convenu d’un échange devant porter sur environ 15.000 détenus au total.

Depuis, les deux parties ont échangé des prisonniers de manière sporadique. Mais la libération de centaines des détenus des deux camps représenterait le premier échange à grande échelle depuis le début de la guerre.

L’accord, qui doit être mis en oeuvre dans deux semaines, porte sur la libération de 681 militaires de l’armée et d’Ansarullah et de 400 membres des mercenaires de la coalition saoudienne, a dit à l’AFP un membre de la délégation pro-saoudienne ayant requis l’anonymat.

Selon lui, la libération par les forces yéménites du frère du président yéménite démissionnaire Abed Rabbo Mansour Hadi, le général Nasser Mansour Hadi, a été reportée.

« Nous savons tous qu’il est maintenant essentiel d’avancer rapidement et de manière décisive vers la mise en oeuvre » de l’accord conclu en Suisse, a souligné l’envoyé de l’ONU.

« Garanties sécuritaires »

Le CICR va superviser le retour des prisonniers auprès de leurs familles. « Cette libération soulagera les souffrances de nombreux détenus et de nombreuses familles qui attendent depuis si longtemps d’être réunies », a affirmé Fabrizio Carboni.

« En tant qu’intermédiaire neutre (…), nous sommes prêts à aider à la libération une fois que le plan de mise en oeuvre aura été approuvé », a-t-il poursuivi.

Le responsable du CICR a qualifié l’accord d' »étape très positive » mais a appelé les parties à s’entendre rapidement sur les étapes, les questions logistiques et les garanties sécuritaires afin que « cette opération (…) devienne réalité ».

Selon M. Carboni, le CICR est « convaincu que cette libération (…) contribuera à renouveler des pourparlers de paix solides et valables ».

Le ministre yéménite des Affaires Etrangères dans le gouvernement démissionnaire (pro-saoudien), Mohammed al-Hadhrami, a appelé à appliquer l’accord « sans retard ».

Et les forces yéménites ont fait état, via leur chaîne Al-Massirah, de l’engagement des deux camps pour son application.

15 Saoudiens et 5 Soudanais

La coalition menée par l’Arabie saoudite a également salué cet accord.

« Nous le voyons d’un oeil positif », a déclaré son porte-parole, le colonel saoudien Turki al-Maliki, dans une conférence de presse à Ryad.

Selon le colonel Maliki, 15 soldats saoudiens et quatre soudanais font partie de l’échange.

Elisabeth Kendall, spécialiste du Yémen à l’Université d’Oxford, y voit « un pas positif », tout en estimant que l' »échange des prisonniers n’est pas de nature à combler le fossé entre les parties en conflit, pour que les négociations de paix puissent commencer ».

Le nombre de détenus est « loin de celui convenu en Suède », a-t-elle souligné.

La guerre saoudienne contre le Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, pour la plupart des civils, et entraîné ce que l’ONU décrit comme étant la pire crise humanitaire dans le monde.

« Nous nous réjouissons de nous réunir à nouveau très bientôt pour discuter de nouvelles libérations mais aussi, bien sûr, pour veiller à ce que cette libération se fasse rapidement, efficacement et de manière complète », a conclu M. Griffiths.

Al Manar

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