10:52 - November 23, 2020
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Téhéran(IQNA)-À la date du 77ème anniversaire de son indépendance, le Liban continue d'être confronté au problème de la formation d'un cabinet et à des crises économiques, à cause des ingérences étrangères et de la soumission de certains à l'intérieur du pays, aux pressions extérieures.
Saad Al-Hariri, le chef du mouvement pro-occidental, qui a été reconduit au poste de Premier ministre, n'a pas encore été en mesure de former un cabinet.
 
Les manifestations contre la situation économique défavorable au Liban et ses conséquences, telles que la hausse du chômage et l’inflation, qui ont éclaté en réponse à la corruption économique dans le pays ces dernières années, ont commencé il y a environ un an, après la démission de Diab et l'échec de Mustafa Adib
 
Le journal libanais Al-Binaa a écrit : « Les retards répétés dans la formation du cabinet sont le résultat des développements régionaux et internationaux, y compris les élections américaines. L'administration américaine actuelle continue de faire pression sur le Liban et l'a entouré de sanctions, de conditions et de menaces. Une partie de la classe politique libanaise au pouvoir, a lié la formation du cabinet, ainsi que la situation économique et financière, et aux résultats des élections américaines et a même abandonné le plan français qui proposait de restituer au trésor, les biens pillés du pays. Cependant la France ne peut pas être considérée comme un véritable sympathisant des Libanais, car elle a des intérêts et des politiques, et exige en retour plus que ce qu’elle a donné. Depuis qu’un certain nombre de pays européens, notamment l'Allemagne, sous pressions américaines, ont accepté de considérer le Hezbollah comme un groupe terroriste, ces pays semblent essayer de prendre les rênes au Liban au lieu de la France, et d’entrer eux-mêmes, dans la mêlée ».
 
Faisant référence aux efforts de l'UE pour désigner un envoyé spécial au Liban, Al-Binaa a écrit : « L'UE veut transformer le plan français en plan européen soutenu par l'Allemagne et l'envoyé européen au Liban, sera probablement un ressortissant italien ».
 
Le journal libanais a également cité des sources diplomatiques françaises selon lesquelles Saad Al-Hariri avait déclaré à l'envoyé de Macron, Patrick Durrell, lors d'une récente visite à Beyrouth qu'il quitterait le Liban s'il ne pouvait pas former un cabinet dans les délais impartis.
 
Des sources ont déclaré que le Premier ministre attendait que le président américain Donald Trump quitte la Maison Blanche pour connaitre la position américaine sur le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, opposé à Al-Hariri mais aussi à un cabinet auquel le Hezbollah participerait directement ou par intermédiaires.
 
Des sources françaises ont déclaré que des responsables du Hezbollah avaient rencontré des responsables français et les avaient informés que si Al-Hariri décidait de mettre un terme aux ingérences américaines et saoudiennes, le Hezbollah était prêt à fournir tout ce qui était nécessaire pour former un cabinet.
 
Al-Binaa a écrit : « La France semble attendre la fin du mandat de Donald Trump et l'arrivée au pouvoir de Biden qui comprendra peut-être la position de la France face à la crise économique et politique libanaise »
 
Le site d'information libanais a écrit également : « Saad Al-Hariri a posé des obstacles à la formation d'un futur gouvernement, qui peuvent se résumer en trois conditions, la première est que Saad Al-Hariri ne sera pas soumis à des sanctions américaines, la seconde est la nomination d'aucun ministre par Michel Aoun et Gibran Basil, et la troisième est l’absence de nomination d'une personne particulière par le Hezbollah, pour participer au prochain gouvernement.
 
Selon ce journal, Dorothy Shea, ambassadrice des États-Unis à Beyrouth, a menacé le Premier ministre libanais sortant que s'il ne se soumettait pas aux diktats américains, il serait sanctionné comme Basil. Face aux menaces américaines, Al-Hariri craint des sanctions qui cible son argent et ses intérêts personnels à l'étranger. Par conséquent, pour satisfaire les Américains, il empêche volontairement la formation d’un cabinet sachant très bien que s'il propose à Aoun un cabinet qui ne respecte pas l'équilibre national du pays, son refus sera certain.
 
Le journal cite des sources politiques disant que la formation du cabinet libanais est liée aux développements dans la région. Les États-Unis ont intensifié leurs pressions sur la résistance pour la forcer à négocier. Le programme nucléaire iranien et le développement des relations avec l'Iran, la Russie et la Chine, qui sont considérés comme des menaces pour les intérêts américains, ainsi que la question syrienne et la démarcation de la frontière entre le Liban et le régime sioniste, sont des questions qui devraient être étudiées avant la décision américaine de se retirer de la région dans les mois à venir.
 
La source a également cité une source proche de la résistance au Liban qui a déclaré : « Tout aventurisme de la part des Etats-Unis aura une réponse, et les forces américaines et leurs intérêts dans les pays où se trouvent les forces de résistance, seront en danger. L'attaque contre l'ambassade américaine à Bagdad, est un exemple d'opération de résistance en réponse aux menaces américaines. Ceux qui pensent que les sanctions peuvent nous mettre à genoux sont dans une pure illusion ».
 
Le président libanais, Michel Aoun, dans un discours à l'occasion du 77ème anniversaire de l'indépendance de son pays, a souligné que le Liban était l’otage des politiques et des diktats des étrangers et de la dépendance de certains éléments intérieurs, ajoutant qu’il était possible de briser tous ces obstacles pour construire le pays et devenir indépendant. Il a aussi promis qu’il ferait de mon mieux dans ce sens, même si cela est très difficile.
 
Aoun a souligné la nécessité d'entamer un dialogue national, sur les développements politiques, sécuritaires et de défense au Liban, compte tenu des développements dans la région et dans le monde, afin d’éliminer tous les différends et de s’unir pour adopter une position unifiée et protéger le Liban et ses frontières.
 
Soulignant qu'il ne renoncera pas à la lutte contre la corruption profondément enracinée dans les institutions libanaises, Aoun a déclaré : « Nous ne reculerons devant aucun obstacle et prendrons les mesures nécessaires pour reprendre les enquêtes sur les infractions pénales ».

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